« Rien de mon côté. Tout va bien. »
Parfois, c’est aussi simple que cela. Le travail avance, la personne a ce qu’il lui faut et vous n’avez pas de problème caché à trouver. Parfois, la question l’a prise de court, une préoccupation précédente n’a mené à rien ou le lieu ne se prête pas à la discussion. Une réponse courte ne permet pas de trancher.
Notre suggestion : proposez une façon utile de passer ce moment, avec la possibilité de refuser ou de finir plus tôt. La personne n’a pas à parler de sa vie privée. Le fait de parler peu ne signifie pas qu’elle s’investit peu dans son travail.
Accueillez d’abord la réponse
« D’accord, merci. Avez-vous besoin de quelque chose de ma part aujourd’hui, ou peut-on s’arrêter là ? » Si vous aviez promis un retour, vous pouvez ajouter : « J’ai des nouvelles du sujet dont nous avions parlé. » Laissez ensuite le temps de répondre. Essayez de laisser à la personne un moment pour réfléchir avant de poser une autre question, surtout si elle est plus personnelle.
Même si c’est habituellement votre collègue qui choisit les sujets, vous pouvez aussi en proposer. « Je voudrais revenir sur la passation de mardi » est plus clair que d’attendre que la personne devine votre préoccupation. Décrivez ce qui s’est passé et demandez son point de vue. « Rien de mon côté » ne prouve pas un manque d’initiative.
Une proposition peut se refuser
Vous pouvez reprendre une question ouverte, reconnaître du bon travail, parler d’une occasion à venir ou finir plus tôt. Demandez ce qui serait utile. Le schéma propose des suites possibles à l’échange, pas des catégories de salariés.
Tout va peut-être bien
Il n’y a peut-être tout simplement aucun sujet urgent aujourd’hui.
« Avez-vous encore besoin de quelque chose de ma part avant de terminer ? »
Si vous êtes d’accord, finir plus tôt et confirmer le prochain rendez-vous.
Un peu de temps pour réfléchir
Il est parfois plus facile de répondre plus tard.
« Préférez-vous qu’on y revienne une autre fois ? »
Proposer une autre occasion sans exiger de réponse.
Des nouvelles se font attendre
Vous devez peut-être encore donner une réponse.
« Je devais vérifier ce point. Voilà où nous en sommes. »
Donner des nouvelles, même si la décision n’est pas encore prise.
Le cadre ne convient pas
Un bureau partagé ou un appel précipité ne se prête peut-être pas au sujet.
« Un autre moment ou un endroit où l’on peut parler en privé vous conviendrait mieux ? »
Proposer un autre lieu ou moment, en acceptant un refus.
Une question concrète peut suffire : « Cette semaine, avez-vous eu besoin d’une décision que vous n’arriviez pas à obtenir ? » C’est parfois plus facile que de répondre à « Comment ça va ? » Acceptez aussi un non.
Résultat de recherche — certaines personnes pensent devoir avoir une solution avant de parler
Dans quatre études, Detert et Edmondson ont identifié des croyances qui peuvent dissuader les personnes de s’exprimer, dont celle de devoir disposer de données solides ou d’une solution aboutie. Ces observations n’expliquent pas la réponse de cette personne et ne testent pas la formulation que nous proposons. Detert et Edmondson, 2011.
Notre suggestion pour le prochain échange : si la personne hésite à aborder un sujet encore flou, vous pouvez dire : « Vous n’avez pas besoin d’avoir une solution. On peut commencer par ce que vous avez remarqué. » Laissez-lui le choix de refuser.
Si elle souhaite réfléchir, envoyez le sujet avant le prochain rendez-vous ou proposez un message ultérieur sur un canal privé autorisé. Vérifiez qu’elle peut s’isoler et que la langue et le format lui conviennent. Écrire n’est pas plus facile ou rassurant pour tout le monde.
Comment avez-vous réagi la dernière fois ?
Repensez à votre réaction. Avez-vous interrompu, écarté la préoccupation ou promis des nouvelles qui ne sont jamais arrivées ? Si vous savez ce que vous avez fait, nommez-le et corrigez-le. Évitez de demander à la personne de vous rassurer.
Exemple fictif dans un entrepôt : Alex avait demandé des passations plus claires entre équipes. Le manager avait promis de vérifier, puis n’avait plus donné de nouvelles. Au point suivant, Alex n’a « rien de nouveau ».
« Je vous dois encore une réponse sur la passation. Le changement n’a pas été approuvé. J’en parle mardi avec les responsables d’équipe et je vous tiens au courant mercredi, même si la réponse reste non. »
« Ce qui m’a surtout gêné, c’est de ne pas avoir de nouvelles. Je ne m’attendais pas à ce que tout change immédiatement. »
Essayez de vérifier que vous avez compris la préoccupation avant d’expliquer votre point de vue. Un remerciement peut sembler peu sincère si vous rejetez aussitôt ce que vous venez d’entendre.
Résultat de recherche — les réactions passées peuvent compter, sans expliquer un échange silencieux
Des études dans une chaîne de restaurants associaient l’ouverture perçue du manager aux propositions d’amélioration. Dans une autre étude, certaines des 34 personnes interrogées dans un hôpital irlandais décrivaient leur réticence après des réactions de rejet ou l’absence de changement, même lorsque les responsables se montraient ensuite plus ouverts. Ces témoignages hospitaliers sont qualitatifs. Aucune de ces études ne détermine pourquoi une personne précise se tait. Detert et Burris, 2007 ; O’Donovan et al., 2021.
Notre suggestion : si vous aviez promis un retour, vous pouvez commencer par là. La personne saura ainsi ce qu’est devenu son précédent sujet avant que vous l’invitiez à en aborder un autre. Si vous attendez une décision, expliquez laquelle et quand vous reviendrez vers elle.
Si cela se répète, parlez des rendez-vous eux-mêmes
« Nos échanges sont courts ces derniers temps. Qu’est-ce qui les rendrait plus utiles pour vous ? » Vous pouvez changer l’heure, le format ou la façon d’inviter à apporter un sujet. Depuis un bureau partagé, la personne manque peut-être simplement de confidentialité. Elle n’a pas à devenir plus bavarde pour profiter d’un point individuel.
Si personne n’a de sujet et qu’aucun suivi important n’attend, vous pouvez convenir de finir plus tôt. Confirmez le prochain rendez-vous et comment vous joindre avant. Si les échanges restent courts au fil des semaines, voyez ensemble si l’horaire et la fréquence vous conviennent toujours. Si vous les changez, faites le point après quelques rendez-vous. Restez disponible même pour quelqu’un qui se plaint rarement.
Vous pouvez aussi saluer un travail bien fait, apprendre quelque chose ou constater que tout avance bien. Un échange utile n’a pas besoin d’un problème chaque semaine, ni de questions obligatoires sur la vie privée pour remplir le temps.
Qu’est-ce qui peut rester entre vous ?
Ne promettez pas une confidentialité absolue. Expliquez dans quelles situations les règles de l’entreprise peuvent nécessiter l’intervention d’une autre personne, par exemple en cas de risque pour la sécurité, de harcèlement, de problème de santé ou de procédure formelle concernant le travail ou le comportement. Selon le sujet, adressez-vous aux RH, à la personne compétente ou au dispositif de signalement prévu. Si le problème vous concerne, indiquez à qui s’adresser sans exiger que la personne vous raconte d’abord les détails.
Les invitations de cet article peuvent être refusées. Les risques urgents et les procédures formelles ont leurs propres exigences. Un point habituel ne devrait devenir ni enquête ni tentative de diagnostic.
Une invitation sans pression
Choisissez les phrases qui conviennent à votre situation et laissez les autres de côté.
Si vous n’avez rien à aborder aujourd’hui, c’est très bien.
[Seulement si un retour a été promis] Je vous dois encore des nouvelles sur :
Souhaitez-vous parler de ce qui vous attend, ou finir plus tôt aujourd’hui ?
Un autre moment ou un endroit où l’on peut parler en privé vous conviendrait-il mieux ?
Vous n’avez pas à parler de votre vie privée.
Si un sujet vous vient plus tard, vous pouvez me joindre par :
Notre prochain rendez-vous est :
Le guide de préparation et sa checklist peut aider chacun à réfléchir à ce qu’il souhaite aborder. Utilisez-le s’il vous aide ; personne n’a à remplir la checklist pour justifier le rendez-vous.
Ce qu’une réponse courte ne dit pas
Résultat de recherche — parler peu ne signifie pas forcément taire un problème
La revue de Morrison distingue l’absence de préoccupation du fait de la garder pour soi. Mesurer les prises de parole ne permet pas simplement de différencier les deux. C’est une distinction dans la recherche, pas une explication d’un échange particulier. Morrison, 2023.
Notre suggestion : prenez la réponse au sérieux et laissez une autre occasion de parler. Vous n’avez pas à décider immédiatement ce que signifie ce silence.
- James R. Detert, Ethan R. Burris (2007). Leadership Behavior and Employee Voice: Is the Door Really Open?. Academy of Management Journal, 50(4), 869–884. Copie dans le dépôt institutionnel.
- Elizabeth Wolfe Morrison (2023). Employee Voice and Silence: Taking Stock a Decade Later. Annual Review of Organizational Psychology and Organizational Behavior, 10, 79–107. Texte intégral.
- James R. Detert, Amy C. Edmondson (2011). Implicit Voice Theories: Taken-for-Granted Rules of Self-Censorship at Work. Academy of Management Journal, 54(3), 461–488. Copie déposée par l’auteur.
- Róisín O’Donovan, Aoife De Brún, Eilish McAuliffe (2021). Healthcare Professionals Experience of Psychological Safety, Voice, and Silence. Frontiers in Psychology, 12, 626689. Texte intégral.